Arnaud Husser : regard d’entrepreneur

French Beauty Co Australie

Last Updated on 12 mars 2021 by Alexandra Monneret

Il y a dix ans, Arnaud Husser posait ses valises en Australie pour de bon avec sa famille. Un choix que le Français ne regrette pas. Après plus de quinze ans en Indonésie et à Singapour où il travaille pour de grands groupes pharmaceutiques français, il crée son entreprise à Melbourne. En 2010, Cosmétiques de France voit le jour. Il devient alors le distributeur des marques Bioderma, Uriage et Nuxe en Australie. Fort de son succès, il crée en 2018, French Beauty Co. Australia. Un site de vente en ligne qui regroupe les indispensables de la parapharmacie française. Rendez-Vous Australie l’a rencontré. Il nous livre son parcours et son regard d’entrepreneur en Australie.

RDV Australie : D’où venez-vous Arnaud Husser ? 

Arnaud Husser : Très bonne question ! Je suis originaire de Corse mais je suis né en Centrafrique. Mon père était médecin militaire dans l’armée française. De ce fait, j’ai principalement grandi en Afrique. Nous avons vécu au Sénégal, au Tchad, au Cameroun. Puis à l’âge de quinze ans, j’ai dû me rendre en France, à Aix-en-Provence, pour poursuivre ma scolarité.

Une véritable enfance d’expatrié…

Arnaud Husser : Oui et cela ne s’est pas arrêté. Après une maîtrise en relations internationales et un MBA à l’École de management de Lyon, je suis parti travailler en Indonésie. Puis au Bangladesh et à Singapour. Aujourd’hui, j’ai 47 ans et je n’ai vécu en France que huit ans !

Comment êtes-vous arrivé en Australie ? Pourquoi Melbourne ?

Arnaud HusserÀ l’époque, mon épouse et moi travaillions à Singapour. Nous étions très souvent en déplacements professionnels. Nous nous croisions littéralement dans les aéroports. Avec deux enfants en bas âge, cette situation ne nous convenait plus. Nous aspirions à une vie de famille plus équilibrée.

Nous connaissions déjà l’Australie pour y avoir passé des vacances. Le pays nous a séduit. Et Melbourne s’est imposée naturellement puisque c’est le bassin de l’industrie pharmaceutique australienne. Les coûts de structure y étaient aussi moins chers qu’à Sydney. Je ne regrette pas du tout ce choix. Melbourne est une ville fantastique. 

Et vous créez Cosmétiques de France…

Arnaud HusserC’est exact. Cosmétiques de France voit le jour en 2010 et se spécialise dans la distribution et la promotion de trois marques bien connues : Bioderma, Uriage et Nuxe. Je travaillais déjà pour les laboratoires d’Uriage à Singapour. Cela fait vingt ans que je fais carrière dans la dermocosmétique ; c’est une industrie que je connais bien.

Selon vous, est-il facile d’entreprendre en Australie ?

Arnaud HusserD’une manière générale oui. Il n’est pas compliqué de créer une entreprise. Les démarches sont assez simples et l’administration australienne est efficace et réactive. On dispose de supports très appréciables.

Vous avez rencontré des difficultés ?

Arnaud HusserSi structurellement, cela s’est bien passé, culturellement, il a fallu s’adapter. Lorsque je travaille avec des Français ou des Latins, nous rentrons en affaires. Autrement dit, nous tâchons toujours d’établir et de maintenir des relations commerciales pérennes. Nous essayons de créer de véritables partenariats, dans un esprit « gentlemen ». Avec les Australiens, c’est un peu le Far West. C’est la loi du plus fort qui l’emporte.

Dans la distribution, mon domaine, la bataille commerciale se résume aux rapports de force exercés par chaque partie. Si vous êtes un nouvel arrivant, donc souvent en position de faiblesse, vous devez apprendre à avaler votre fierté. Si vous souhaitez obtenir un marché, il faut payer. Il n’y a pas d’alternative. Il n’y a pas d’empathie et aucune fidélité de la part des partenaires commerciaux. C’est l’opportunité d’affaire qui dicte intégralement la relation. 

Et avec vos collègues australiens, comment qualifieriez-vous vos relations ?

Arnaud HusserDifficile de vous répondre car je n’ai pas à proprement parler de collègues. Ce sont des collaborateurs et des employés puisque je suis à la tête de mon entreprise depuis le début de mon aventure en Australie. Notez aussi que mon équipe est multiculturelle. Cela engendre d’ailleurs un climat plus équilibré, plus serein au sein de l’entreprise. Tout le monde est logé à la même enseigne.

Observez-vous des différences notables entre les Australiens et les Français dans leur manière de travailler ? On dit que les Français sont de bons travailleurs, qu’en pensez-vous ?

Arnaud HusserIl y a des bons et des mauvais élèves partout. Si je devais généraliser, je dirais que l’Australie connaît une croissance très favorable (du moins jusqu’à présent). Dans ce contexte, les Australiens les plus malins peuvent rapidement très bien gagner leur vie, sans pour autant être très efficaces. Ils sont en position de force. À l’inverse, les Français, qui viennent en Australie pour travailler, doivent faire leurs preuves. De ce fait, ils redoublent d’efficacité. Ils se montrent sous leur meilleur jour et sont souvent plus performants. 

Les Français, qui viennent en Australie pour travailler, doivent faire leurs preuves. De ce fait, ils redoublent d’efficacité. Ils se montrent sous leur meilleur jour et sont souvent plus performants. 

Vous importez des produits cosmétiques en Australie. La réglementation locale est-elle favorable ?

Arnaud HusserGlobalement, il est plus facile d’importer des produits cosmétiques en Australie qu’en Corée du Sud, au Japon ou encore en Chine. Les produits français répondent déjà à des normes très strictes. En revanche, pour les produits solaires, si les standards sont quasiment les mêmes dans les deux pays, les protocoles d’étude et d’usage diffèrent.

Le pays détenant le triste record mondial du taux de cancer de la peau, les autorités locales sont très rigoureuses et exigeantes sur la qualité des protections solaires disponibles sur le marché. Les revendications et exigences graphiques (telle que la taille de la police sur le packaging) sont aussi réglementées. Il a fallu modifier les emballages de certains produits que nous avons importés.

En outre, il existe un protectionnisme et des barrières non-tarifaires assumées sur les solaires. C’est un acte politique volontaire dans la mesure où il s’agit ici d’une cause de santé publique. C’est pour cela que l’on trouve d’ailleurs des prix aussi attractifs. Des bidons de crème solaire d’un litre à 10 $, c’est imbattable !

Parlez-nous de French Beauty Co. Australia. Quelles marques vendez-vous ?

Arnaud HusserFrench Beauty Co. Australia est un site de e-commerce où vous pouvez acheter le meilleur de la parapharmacie française. Vous y retrouvez Bioderma, Nuxe, Embryolisse, Caudalie, Uriage, Mustela, Christophe Robin, et bien d’autres. Nous vendons également les indispensables Biafine et Homéoplasmine. C’est la signature de l’offre française sur le marché australien.

Nous nous concentrons aussi sur les produits dits naturels, bios et végans. La demande est très forte, très segmentée, en Australie. Le secteur est particulièrement dynamique. On note un désir de naturalité extrêmement abouti de la part des Australiens. C’est pour cette raison que nous commercialisons les marques Cattier et Mon Huilette.

Une très belle sélection ! Aux prix attractifs, une surprise agréable ! Étonnant pour des produits français ?

Arnaud Husser : Effectivement, c’est l’un de nos engagements. Nous souhaitons rendre nos produits accessibles au plus grand nombre. Nous faisons en sorte que le prix de nos produits n’excède pas plus de 20 % le prix de vente conseillé sur le territoire français. Il est vrai que les produits français sont parfois excessivement chers en Australie. Il y a eu de réels abus de la part de certains acteurs.

Mais il faut garder en tête que cela fait partie du jeu, de la réputation même des produits. Les Australiens ne comprendraient pas vraiment une offre française à bas prix. Cela ne refléterait pas l’image de prestige qu’ils perçoivent. Il faut être cohérent avec ce positionnement. 

Et vos clients, sont-ils majoritairement Français ou Australiens ?

Arnaud HusserSi l’on se fie aux noms de nos clients, on devine qu’ils sont majoritairement Australiens ou d’héritage asiatique. Nos marques sont déjà très connues en Asie. Cela facilite notre promotion en Australie où les communautés asiatiques sont très présentes. D’ailleurs, on surveille le marché chinois de près. On regarde ce qui se vend le mieux en Chine et en France, et on s’adapte. C’est aussi comme cela que l’on bâtit notre offre.

Donc les Australiens connaissent déjà nos produits dermocosmétiques ? Quels sont les produits phares de votre site ?

Arnaud HusserOui, ils connaissent nos produits, du moins notre savoir-faire. Nous sommes réputés pour la qualité de nos produits. C’est en France que la dermatologie moderne est née. La première chaire de dermatologie est fondée au XIXe siècle à Paris, à l’hôpital Saint-Louis. 
Parmi nos best sellers, vous retrouvez des produits iconiques : l’Huile Prodigieuse de Nuxe, l’Eau de Beauté de Caudalie et le Lait-Crème Concentré d’Embryolisse.

Aujourd’hui, avec French Beauty Co. Australia, vous devenez e-commerçant. Un choix évident ?

Arnaud HusserOui. Avec notre site de vente en ligne, nous répondons à deux problématiques majeures. Le manque de place en magasin. En Australie, il y a trois principales chaînes de pharmacie et parapharmacie : Chemist Warehouse, Priceline et Terry White Chemist. Il est très difficile en tant que distributeur d’entrer dans ces réseaux.

La concurrence est rude et les espaces dédiés sont limités. Ensuite, si l’on veut que nos marques puissent s’exprimer pleinement, nous devons être disponibles en ligne. Cela nous permet d’affirmer notre signature française. Il n’y pas d’autre choix possible.

D’ailleurs, comment faites-vous face à la concurrence des géants du e-commerce ?

Arnaud HusserNous nous distinguons par la qualité de notre service. Nous sommes facilement joignables. Nos clients peuvent nous contacter par téléphone, e-mails et par LiveChat (un service de messagerie instantanée) ou encore sur les réseaux sociaux.

Et nous sommes une entreprise 100 % australienne. Notre siège est à Melbourne. C’est un atout auprès de notre clientèle. Les Australiens favorisent les entreprises locales. Ils sont rassurés de nous savoir dans le pays. C’est aussi un réflexe sanitaire. Ils ont la garantie que nos produits sont authentiques. 

Quelle est votre plus belle réussite en tant qu’entrepreneur en Australie jusqu’à ce jour ?

Arnaud HusserC’est assez paradoxal. Lorsque j’ai créé Cosmétiques de France, j’ai obtenu la distribution exclusive de Bioderma en Australie. Avec mon équipe, nous avons fourni un excellent travail ; nous avons réussi à amener la marque à un haut niveau. Cela a tellement bien marché que Bioderma (le groupe Naos) a finalement décidé de reprendre la main et de s’implanter en filiale en Australie. 

Quels conseils donneriez-vous aux entrepreneurs étrangers et notamment français qui souhaitent s’implanter en Australie ?

Arnaud Husser :  Avoir la foi et croire en soi ! Il ne faut pas baisser les bras même si la raison nous y pousse. Il ne faut pas abandonner facilement. Je dirais aussi qu’il faut être prudent et surtout pas péremptoire et suffisant. Sachez vous remettre en question. Observez votre environnement, absorbez l’information. N’ayez pas d’a priori et restez humble. 

Arnaud Husser, quel est votre prochain RENDEZ-VOUS ?

Arnaud Husser : La fête des Mères en Australie ! Profitez de nos réductions sur French Beauty Co. du 1er au 10 mai prochains.

Découvrez leur parcours d’entrepreneur⸱e :
Mai Lo Do Cao, fondatrice de Mai Lo Is In Oz.
Marion Vigot, cofondratrice de Mister Rye.
Rémy Durieux, fondateur de Remy’s Real Estate.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*