Laure Niveau : vingt ans de passion pour l’art aborigène

Laure Niveau Galeriste Art aborigene
Topsy Napatjarri Dickson, sa nièce Glorianda et Laure Niveau Alice Springs, 2003.

Après avoir été l’une des rares galeristes d’art aborigène de Paris, c’est en Australie que Laure Niveau est venue poursuivre sa carrière. Cette Parisienne, entrepreneuse dans l’âme, nous raconte son parcours et comment elle a rouvert sa galerie sur la terre des autochtones qui sont entrés dans sa vie il y a vingt ans.

Avertissement à l’attention de nos lecteurs aborigènes et des insulaires du détroit de Torres : cet article peut contenir des photographies et des noms de personnes décédées.

Warning: Aboriginal and Torres Strait Islander readers should be aware that this article may contain images or names of people who have since passed away.

RDV Australie : Bonjour Laure, vous êtes galeriste d’art aborigène en Australie, quel est votre parcours et comment êtes-vous arrivée ici ? 

Laure Niveau : La première fois que je suis venue en Australie, c’était en 1999, j’avais 23 ans. J’étais en couple avec un Australien et j’étais venue découvrir son pays. Je suis revenue plusieurs fois avec lui au cours des années suivantes. Nous avons voyagé à travers le pays, dans plusieurs endroits reculés du désert… Et je suis instantanément tombée amoureuse des peuples autochtones.

Ce sont ces voyages en Australie, ces histoires, ces images mémorables qui m’ont ensuite donné envie de construire un pont entre cette terre magique, ses peuples indigènes incroyables et uniques et mon pays. Ces rencontres et aventures ont totalement transformé ma vie et la suite de mon parcours professionnel.

Cette passion grandissant, j’ai très vite ouvert ma première galerie spécialisée dans l’art et la culture aborigène australienne, L’Espace Ab’Origine, à Paris. C’était en 2004, à une époque où l’art indigène australien émergeait lentement en France. C’était passionnant de faire découvrir et enseigner l’art aborigène d’Australie à ce moment-là. La plupart des gens n’en avait jamais entendu parler.

Ce n’est que trois ans plus tard, en 2007, que mon mari australien me convainc de quitter Paris pour venir vivre en Australie pour de bon. Nous avons déménagé alors que j’attendais mon premier enfant. Je suis ici maintenant depuis treize ans. En 2014, j’ai rouvert ma galerie sur la Gold Coast où je vis actuellement. Et cette fois, je lui ai simplement donné mon nom (Laure Niveau Gallery) en hommage à mes racines désormais éloignées…

Pouvez-vous nous raconter votre première rencontre avec les Aborigènes ?

Laure Niveau : Bien sûr ! C’était donc en 2003 ; nous faisions un road trip depuis Adélaïde jusqu’à Alice Springs. Et je m’en souviens comme si c’était hier : arrivés dans cette ville au milieu du désert, on marche dans la rue, et on croise une femme aborigène. Elle vient vers nous, je la remarque car je la trouve magnifique. Et alors qu’elle s’approche, je ne peux soutenir son regard tant je le trouve profond ; je baisse le mien, très émue !

Elle me donnait l’impression de porter l’histoire du monde dans ses yeux.

C’était incroyable. Cette rencontre a été bouleversante, et je garde ce sentiment de m’être sentie toute petite à côté d’elle.

C’est pendant ce séjour à Alice Springs que j’ai découvert le peuple aborigène. Et depuis, mon amour et mon respect pour les communautés aborigènes et leur culture n’ont cessé de grandir. Ils sont devenus un fil conducteur dans ma vie.

Et comment avez-vous découvert plus particulièrement l’art aborigène ?

Laure Niveau : Lors de ce même voyage à Alice Springs en 2003. On y est restés quelques jours et on était hébergés chez un ami de mes beaux-parents australiens, Terry. Il gérait une galerie d’art aborigène. Mais c’est drôle car il se trouve que je n’y avais pas prêté plus attention que ça. À l’époque j’étais bien plus intéressée par les petits kangourous orphelins qu’il recueillait dans sa propriété. Je trouvais ça extraordinaire !

En revanche, durant ce séjour, nous avons visité un centre d’art aborigène. Et là, j’ai découvert un autre monde ! Je me souviens de voir ces femmes assises par terre, qui travaillent sur leurs œuvres à même le sol. J’observe leurs mains, très fines, magnifiques ! Le lieu est calme, on entend seulement les chuchotements qu’elles partagent entre elles. On s’observe mutuellement, je me fais discrète et essaie doucement de communiquer avec elles ; elles sont comme timides mais je crois qu’à ce moment-la, je suis bien plus impressionnée qu’elles !

C’est dans ce centre que j’ai acheté ma première toile. Et que j’ai pris ma première photo avec Topsy Napatjarri Dickson et sa nièce Glorianda. Cette photo est aujourd’hui l’image de ma galerie. Elle est le symbole de la source de mon chemin avec eux.

Laure Niveau Galeriste Art aborigene
Topsy Napatjarri Dickson, sa nièce Glorianda et Laure Niveau
Alice Springs, 2003.

Aujourd’hui, vous êtes galeriste dart aborigène en Australie. Comment vous êtes-vous lancée dans ce métier ?

Laure Niveau : J’ai toujours été passionnée d’art et par les peuples. Au départ, je dois avouer que je ne connaissais rien à l’art aborigène. C’est un peu grâce à mon ex belle-famille que j’ai démarré ma carrière en France.
Voyant à quel point j’avais été touchée par les Aborigènes et leur art lors de ce voyage en 2003, mes ex beaux-parents m’ont expédié quelques semaines plus tard et par surprise, plusieurs œuvres, ce qui m’a bouleversé ! Elles étaient toutes magnifiques ! C’est difficile à expliquer, mais j’ai reçu ce colis venu du bout du monde comme un cadeau du ciel.

J’ai toujours été très indépendante et entrepreneuse. J’ai alors décidé de recontacter notre ami Terry, marchand d’art à Alice Springs. Il a tout de suite accepté de travailler avec moi. Il m’a envoyé à Paris une collection d’œuvres de grands artistes aborigènes, une collection impressionnante de beauté et de puissance. Je suis littéralement tombée à genoux lorsque j’ai ouvert l’immense colis dans mon salon.

C’était comme si la puissance du désert australien se répandait dans mon univers !

Je me suis ensuite mise à étudier la culture aborigène. J’ai croisé mes études avec mes connaissances acquises lors de mes voyages en Australie. C’est ainsi que j’ai organisé ma première exposition toute seule. C’était en 2004 et c’est comme ça que j’ai vendu ma première toile et que tout a commencé !

J’ai créé la même année ma première galerie spécialisée dans l’art et la culture aborigène australienne. J’ai reçu le soutien de l’ambassade d’Australie à Paris et suis devenue membre d’Australian Business In Europe. J’ai organisé des expositions d’art et des événements de collecte de fonds pour l’art autour de Paris et en province.

Entre 2004 et 2007, j’ai eu le privilège de travailler avec de très grands artistes aborigènes australiens tels que Gracie Morton Pwerle, Ada Bird Petyarre. J’ai même eu l’honneur de présenter quelques peintures du grand Wenten Rubuntja.

En 2007, c’était le boom pour la galerie, je faisais partie des trois principaux galeristes d’art aborigène de Paris.

Art aborigene Galerie
Laure Niveau dans sa galerie à Paris, Espace Ab’Origine.

Cela fait donc 16 ans que vous faites ce métier. Y a-t-il eu une évolution de la perception de l’art aborigène par le public ?

Laure Niveau : Je dirais qu’en Australie déjà, il y a plusieurs perceptions, celle des Australiens d’une part, et celle des étrangers qui vivent ici.
Les Australiens amateurs d’art connaissent tous l’art et la culture aborigène. J’ai tendance à penser qu’ils savent la valeur d’une oeuvre aborigène, et ce, quel que soit leur avis sur la culture. Il y a également un grand nombre d’Australiens qui ne connait absolument rien de la culture des premiers habitants de leur pays. Et puis, il y a les étrangers qui vivent ici, et les Français en particulier, qui sont généralement intéressés et curieux de découvrir cette culture. 

Voir aussi notre article sur l’histoire de Narcisse Pelletier, le sauvage blanc

En France et en Europe, ça reste un art qui apparaît extraordinaire, qui fait rêver. Cela représente le rêve australien et aujourd’hui les Aborigènes sont de plus en plus présents dans l’univers médiatique, culturel et artistique mondial.

Selon moi, sa principale évolution tient au fait que c’est un art qui s’est exporté. Aujourd’hui, les Aborigènes voyagent et prennent en main leur image, leur promotion. Je pense qu’ils adorent pouvoir aller faire la promotion de leur art à travers le monde, je trouve ça génial.

A ce propos, comment font les artistes aborigènes pour promouvoir leurs œuvres ?

Laure Niveau : De nos jours, ce sont les centres d’art aborigène des communautés qui gèrent et organisent la vente et la promotion des œuvres pour les artistes. Depuis quelques années, les communautés ont de moins en moins besoin d’aller chercher des clients. Leur art est désormais reconnu et les galeristes et les marchands d’art viennent à eux. Ils ont aussi développé leur communication sur les réseaux sociaux. Même si parfois Internet n’est pas performant dans certaines zones reculées d’Australie où ils résident, et qu’ils ne sont pas attirés naturellement par ces activités de communication comme nous nous pouvons l’être, c’est un moyen qu’ils utilisent.

D’ailleurs, les Aborigènes s’adaptent depuis toujours. Ils demandent qu’on leur laisse vivre leur culture et prendre ce qu’il y a de bien dans la nôtre. C’est le cas avec Internet. 

Est-ce que les communautés aborigènes ne vivent que de l’art ?

Laure Niveau : C’est une source de revenus importante pour une communauté en effet. De plus, l’art est un moyen pour les Aborigènes de se réapproprier leur culture, de pouvoir faire ce qu’ils aiment et de partager avec les jeunes générations. Il n’est pas rare de voir anciens, parents et jeunes enfants ensemble dans les centres d’art qui sont des lieux culturels forts ainsi que de communion et de vie. Une œuvre vendue, ce sont des centaines ou des milliers de dollars que récupère l’artiste. Et il les partage systématiquement avec toute sa communauté. L’impact est énorme. Le partage est une valeur fondamentale dans la culture aborigène.

Comment est évalué le prix d’une œuvre d’art aborigène ?

Laure Niveau : Au sujet des prix, il faut savoir qu’il y a un code à respecter, The Indigenous Art Code [Créé en 2007, NDLR]. Il s’agit d’un code qui a pour objet d’établir des normes pour les relations entre les marchands et les artistes. Ce code assure un commerce équitable et éthique des œuvres d’art. Le prix est fixé par le centre d’art aborigène en concertation avec l’artiste. En tant que galeriste, on signe un contrat avec le centre d’art et on s’engage à respecter une charte éthique. En ce qui me concerne, l’éthique est cruciale dans mon travail et ma collaboration avec tous les artistes que je représente.

Ensuite, le prix d’une oeuvre dépend de plusieurs choses : la renommée de l’artiste surtout, mais aussi la taille de la toile et le travail réalisé. Certaines œuvres sont très chargées et nécessitent des semaines de travail. Mais en même temps, il existe aussi des œuvres très épurées qui valent cher car l’artiste est coté.

La cote d’un artiste dépend de la qualité de son travail, du fait qu’il ait gagné ou non des prix, comme le prix Archibald par exemple. Elle peut aussi dépendre de sa lignée familiale. Par exemple, les descendants de Clifford Possum, un des artistes aborigènes les plus célèbres, verront leur travail plus facilement reconnu, à condition qu’il soit de qualité bien entendu. Et la cote d’un artiste renommé monte en flèche après sa disparition. [Le prix Archibald est l’un des prix artistiques les plus importants d’Australie, récompensant depuis 1921 le meilleur portrait, NDLR]

Il faut aussi considérer que le marché de l’art est particulier. Un galeriste peut décréter qu’un artiste mérite d’être exposé et sa renommée peut ainsi dépendre de celle du vendeur.

Comment sélectionnez-vous les oeuvres que vous présentez dans votre galerie ?

Laure Niveau : Je ne travaille qu’avec des centres d’art, gérés par et pour les aborigènes. Je fonctionne au coup de cœur. Je fais passer le plaisir avant tout et je sélectionne toutes les œuvres avec eux. 

Une part importante de mon travail, et de loin celle que je préfère, est de rencontrer les artistes et leurs familles sur place. Se rendre dans les communautés, souvent très isolées géographiquement, demande une certaine organisation. Il faut prévoir du temps, deux semaines au minimum. En tant que mère de deux enfants, c’est compliqué à mettre en place. J’ai passé plusieurs jours avec différentes communautés lors de différents voyages et le contact est toujours très facile. Je suis humble face à eux, j’ai le cœur qui bat, je suis vraiment en joie avec eux. J’ai toujours ce regard hyper respectueux et j’ai l’impression qu’ils le ressentent.

Galeriste d'art aborigène
Laure Niveau lors de la présentation publique à l’Alliance française de Brisbane, 2020.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées en vous lançant dans cette activité ? En Australie ? En France ?

Laure Niveau : En matière d’art et en Australie, que ce soit les Français ou les Anglo-Saxons, les gens ont une sensibilité différente du public rencontré en Europe. Ils peuvent avoir des idées arrêtées, pour différentes raisons ; l’art est souvent une affaire de goût propre à chacun. Ils vont alors parfois se tourner vers d’autres sources d’information comme les musées plutôt que vers une entreprise plus petite comme la mienne. 

Aussi, en tant qu’étrangère pour les Australiens, je dois redoubler d’efforts pour asseoir ma légitimité dans ce métier. Malgré mes seize ans d’expérience, les Anglo-Saxons pensent parfois que je m’y connais moins bien qu’un Australien. Je n’ai pas le droit à l’erreur. Ça m’oblige à être droite dans ce que je propose, c’est ce que j’aime dans ce que je fais.

En France, la difficulté pour vendre une œuvre aborigène est justement de ne pas être en Australie. Les visiteurs vont trouver les œuvres très belles mais n’ayant aucune attache avec le pays, ne vont pas acheter. Le rapport avec une œuvre tribale, même contemporaine, qui a une histoire très forte est complexe. Un autre problème est que la plupart des gens viennent aussi avec un a priori. Ils ont envie de voir ce qu’ils ont déjà vu à la télé ou dans un magazine.

Je me suis entendue dire lors d’expositions à Paris : « Ah mais vous n’avez pas des toiles avec des tortues noires ou des poissons noirs ? ». Je devais alors expliquer qu’il s’agissait d’art du Nord de l’Australie, que moi je ne travaillais à l’époque qu’avec des artistes d’Australie centrale, et que c’était donc différent. Ces personnes repartaient sans même regarder. 

Quels conseils donneriez-vous à nos lecteurs qui souhaiteraient acheter une oeuvre aborigène ?

Toujours demander l’origine de l’oeuvre. 

Laure Niveau : Si vous vous adressez à un galeriste d’art aborigène, demandez-lui comment il a obtenu cette œuvre. Auprès de quel centre d’art il l’a acquise. Parfois, certaines galeries travaillent directement avec les artistes qui viennent d’ailleurs peindre dans la galerie. 

Il est aussi possible d’acheter directement dans un centre d’art.

Évitez les boutiques de souvenirs. Si vous voyez une œuvre dans une boutique autre, la question reste la même, renseignez vous sur la provenance de l’oeuvre. Demandez s’il s’agit d’une oeuvre originale ou d’une reproduction.

Y a-t-il une coutume ou tradition aborigène que vous aimez particulièrement ?

Laure Niveau : J’aime beaucoup la place traditionnelle de la fumée chez les Aborigènes. C’est pratiqué notamment pour purifier les enfants à leur naissance. La fumée a un rôle puissant dans de nombreux rites aborigènes. J’aime le côté naturel, troublant et enivrant de cette pratique.
À une autre échelle, je fais brûler des feuilles d’eucalyptus séchées. Je le fais pour purifier ma maison et pour retrouver le parfum de l’outback. J’aime l’idée de pouvoir partager ce rituel, même si de mon côté il n’a pas de puissance culturelle.

Quels sont vos projets ? 

Laure Niveau : En plus de la présentation et de la vente des toiles, je souhaite continuer à proposer des conférences thématiques et faire découvrir l’art et la culture aborigène au public. J’interviens notamment auprès de la communauté francophone. J’ai donné plusieurs présentations privées et ai eu le plaisir de faire une conférence publique à l’Alliance française de Brisbane en mars dernier ainsi qu’auprès des membres de l’association Brisbane et Gold Coast Accueil.

Galeriste d'art aborigène
Laure Niveau lors de la présentation privée d’œuvres aborigènes, 2014.

Avec la crise actuelle, il est difficile de se projeter à long terme. C’est difficile pour le secteur artistique et culturel qui a énormément besoin du public. Pour l’instant je m’attelle donc à travailler depuis la maison et à maintenir l’activité de ma galerie. Les ventes d’œuvres serviront à soutenir au maximum les communautés aborigènes durement impactées. La plupart ont dû fermer leur accès aux voyageurs et leurs centres d’arts.

Afin de les soutenir autant que je peux, j’ai baissé les prix (sans baisser le prix requis par l’artiste). Cela concerne toutes les œuvres que la galerie présente. Le but est de booster les ventes et je reverse 90 % aux artistes.

J’ai également créé une chaîne YouTube dédiée à la galerie afin de continuer à « faire vivre » les œuvres.

Dès que nous pourrons de nouveau voyager librement et accéder aux communautés, je projette de partir plusieurs semaines dans le désert afin de m’immerger au sein d’une des communautés avec lesquelles je collabore. J’espère pouvoir alors partager ce voyage avec mon fils. Il est désormais assez grand, cela fait très longtemps qu’il me le demande.

Quel est votre prochain RENDEZ-VOUS ?

Laure Niveau : Avec le grand air dans pas longtemps ! En cette période de confinement, toute sortie est un bonheur !

MISE À JOUR (21/08/21) : En août 2021, Laure Niveau créée MaWi Australia une marque de vêtements éthiques et durables, fabriqués à partir de tissus imprimés à la main par des artistes aborigènes de la communauté Ikuntji, l’une des plus créatives d’Australie.

Pour en savoir plus sur son travail et découvrir les œuvres de la galerie Laure Niveau, Rendez-Vous sur :

Son site internet : ici
L’e-shop de Mawi Australia : ici

Pour suivre Laure sur les réseaux sociaux, Rendez-Vous sur :

Sa page Facebook : ici
Son compte Instagram : ici
Sa chaîne Youtube : ici

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*